Grande Dictée


Alter Ego s’attache à défendre la Langue Française. C’est dans le cadre de la semaine de la Francophonie qu’a eu lieu la première édition de la Grande Dictée du Grand Dole le 18 mars 2011 à Tavaux. Un spectacle cuturel inédit alliant le spectacle vivant avec les Mots Voyageurs (pour rappeler l’opération du Ministère de la Culture « Dis Moi Dix Mots ») et cette dictée qui réunissait les délégués selectionnés du Grand Dole, soit 34 communes représentées sur les 41 composant la CAGD. Vous trouverez ci-dessous le texte de la dictée concocté par Patrice Ducordeaux.

Nulle échappatoire ! Les quarante et un candidats sont là, prêts à en découdre avec la langue qu’ils vont retranscrire, même ad honores. La cérémonie débute par des chants divers, des chants vantant l’harmonie et l’âme du pays dolois. Quelles que fussent les motivations, on voulait en être, du Deschaux à Vriange, sans oublier ceux des venelles de Dole ou des ruelles de Gredisans, l’esprit déjà chamboulé par ces joutes « villagicides ». Menottés, certains candidats se sont souri, cachant leur érythrophobie. Ils n’en menaient pas large quand un grand échalas, juché sur son estrade, égraina leurs noms, d’où sortirait le prince ou la princesse des mots, apogée royal. Ainsi, le Grand Dole s’immisçait dans la Culture. Quelle tique avait-il attrapée, pour que la démangeaison l’incitât à une pareille audace ?

Ø S’abreuvant de mots, sans penser aux retombées, casse-cous allant au casse-pipe, sacrifiés sur l’autel du langage, sans doute vivront-ils le martyre pour devenir, à leur corps défendant, le regard hyalin, des martyrs de cette grammaire chafouine, de la syntaxe implacable, des accords fallacieux, des participes très présents et pour certains trépassés, vu leur âge canonique présumé. On avait soigné la décoration avec des palanquées de zinnias flavescents, des chrysanthèmes colorés ou encore de rutilantes pensées écarlates. Sera-ce suffisant pour qu’ils se rient des chausse-trapes, et autres guets-apens, qu’ils vainquent cette logorrhée jusqu’à l’indigestion ? Tout cela en évitant de bayer aux corneilles devant l’obstacle.

Ø A l’issue de ces duels, ils seront les reîtres modernes que rien n’effraie, pas même le combat contre ces moulins à mots qu’aurait pu imaginer un Cervantès au sang chaud, pensa le public du Grand Dole.


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