Grande dictée 2013

L’orthographe, pas vraiment « Rigoletto » !

Samedi 9 mars, manège de Brack, à 20 h 30, l’ambiance était studieuse et les « élèves » de tout âge écoutaient attentivement l’énoncé de la dictée préparée par Patrice Ducordeaux, président de la Compagnie Alter Ego et Paule Neyraud, lauréate 2012. En effet, l’épreuve de « La Grande Dictée du Grand Dole » commençait ! Cette année, le compositeur Verdi dont on célèbre le bicentenaire de la naissance était à l’honneur et les « arias, bécarres, baryton, hautes-contre, palimpsestes, castrat, … » côtoyaient Otello, Nabucco et Aïda. Sur les quarante-deux communes qu’englobe le Grand Dole, quatorze n’étaient pas représentées mais des personnes d’autres villages sont venues participer pour se tester. M. Chalon, président du Grand Dole, présent tout au long de la soirée, soulignait  « une collaboration qui fonctionne bien avec la compagnie Alter Ego… ». A la fin de la dictée, pendant qu’une dizaine de personnes corrigeaient les copies encadrées par M. Jean-Philippe Magnin, les candidats prenaient une petite récréation bien méritée. Après l’annonce du classement et les remises des lots (vol en montgolfière, places de concert, livres, …), la soirée se poursuivait autour du verre de l’amitié où les échanges entre participants et organisateurs étaient riches et très conviviaux.
Classement : junior : 1er : Simon Pichetti, Dole (5 fautes ½), 2e : Camille Desrés, Dole, 3e : Paul Genreau, Choisey, 4e : Clémence Budin, Rainans, 5e : Océane-Lou Chapas, Brevans.Le gagnant Simon Pichetti, 16 ans, en terminale S à Nodier avait fini deuxième l’année dernière après une inscription par sa mère et a voulu refaire la dictée cette année. Il souhaite devenir psychiatre.
Senior : 1er : Pascal Desrés, Dole (5 fautes ½), 2e : Paul Clémens, Rainans, 3e : Philippe Pouthier, Villette-les-Dole, 4e : François Chattot, Archelange, 5e : Jean-Luc Daubigney, Tavaux.Le gagnant Pascal Desrés, 42 ans, médecin militaire à Auxonne, participait pour la première année avec sa fille Camille deuxième en junior.

Grande dictée du Grand Dole 2013

Confidences d’un fauteuil d’orchestre à qui il siéra d’y prêter l’oreille

Le jour où l’on m’introduisit dans ce somptueux théâtre tout nouvellement érigé, je fus arrimé au parterre comme sur le plancher d’un navire. Eussé-je pu supposer à cette minute que j’étais en partance pour les contrées les plus obscures et les plus inexplorées de l’âme humaine ? Je n’en tâtai point que l’âme, et ces contacts divers me laissèrent tantôt alangui par les soupirs de jouvencelles énamourées,  callipyges célèbres ou postérieurs anodins, les ongles  incarnés dans mon pâle incarnat, tantôt exaspéré par les réveils brusques, les soubresauts incontrôlés, les toussotements, les bâillements voire les braillements intempestifs de culs-terreux sans-gêne qui se sont succédé. Je devins le spectateur passionné et pantois de tout ce que l’histoire et les mythes imaginèrent de crimes, machinations, félonies, desseins inavouables, où l’on trucide autant que l’on vénère, tout cela jailli du génie de librettistes et compositeurs penchés  sur des palimpsestes écornés. (Fin de la dictée JUNIOR)

Mais j’ai aussi en mémoire, face aux murs discrètement enduits de lut apyre sous les pampres  lie-de-vin, le timbre abyssal de la voix d’Otello résonnant au plus profond de mon rembourrage fatigué. A contrario, bercé par  le contralto de la nourrice aimante, je m’abandonnai un soir aux bras de Morphée, épopée d’une Poppée grisée par les limbes du pouvoir et de l’amour. Nabucco, Aïda, Macbeth, point n’est besoin de maîtriser bémols ou bécarres pour succomber à la terrible puissance de leur empreinte vocale  sous laquelle mes accoudoirs avaient à chaque fois tressailli. Désormais ma carcasse se fait vieille et usée. La  mite au logis, carnassière, prend peu à peu le pas sur la mythologie des arias désespérées et de castrats aux voix cristallines. Dussé-je aujourd’hui avoir une requête ? Que l’on offrît à d’autres gens le bonheur de venir s’asseoir entre mes bras, vivre le temps d’un soir, au grand soleil des héros tutélaires  et s’enivrer à l’écoute des ténors, barytons, altos, et autres hautes-contre. Ecrire mes Mémoires ?  Oui, mais alors, des Mémoires un peu râpés !

 

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